mercredi 17 mai 2017

26 solutions proposées à l’Etat camerounais pour financer les start-ups du numérique

(TIC Mag) – Au cours du Forum international sur l’économie numérique au Cameroun, les participants de l’atelier sur « le financement des entreprises en économie numérique au Cameroun » ont formulé une série de recommandations à l’Etat camerounais. 26 au total. C’était ce mardi, 16 mai à l’hôtel Hilton de Yaoundé.

Les débats de cet atelier modéré par Ben Marc Diendéré, Vice-Président Senior à la Coop fédérale, ont fait ressortir la nécessité d’un accompagnement financier étatique aux entreprises des jeunes innovateurs du numérique. Sakinatou Balde, spécialiste programme à la Direction de la Francophonie économique et numérique et panéliste à cet atelier, affirme d’ailleurs qu’« il n’y aura pas d’émergence des entreprises du numérique sans l’appui de l’Etat ».

Pour illustration, elle raconte l’expérience du Rwanda, pays de la CEEAC. « L’Etat a accompagné les incubateurs afin qu’ils développent des entreprises qui réussissent avec des financements de l’Etat. Le Rwanda a mis en place une politique complète autour de l’entreprenariat numérique. L’Etat accompagne les incubateurs d’entreprises. Le gouvernement rwandais vient de mettre en place un fonds de financement de start-ups de 100 millions de dollars en Afrique et pas seulement au Rwanda pour ce faire. Il faut une politique complète et stratégique à tous les niveaux comme dans de nombreux pays qui ont réussi », explique Sakinatou Balde.

Elle explique également qu’aux Etats-Unis, il y a eu le Small Business Act pour accompagner les entrepreneurs et que « c’est le rôle de l’Etat de faciliter l’émergence de ces start-ups » en finançant leurs innovations.

Rapporteur de l’atelier, George Meka Abessolo (photo), spécialiste investissement et financement, a également fait une annonce qui a intéressé les start-ups et entreprises présentes. En effet, il indique que pour aider les jeunes entreprises du numérique à moins souffrir des retards de paiements de l’administration camerounaise, un projet est en cours de développement au ministère des Finances. Ce projet permettra aux banques de payer les entreprises qui ont effectivement rendu un service à l’Etat et que l’Etat n’a pas encore payé. Dans ce cas, la banque prélèvera 1% du montant du contrat du prestataire qui sera payé par la banque. C’est alors la banque qui se chargera de recouvrer sa créance auprès de l’administration concernée en facturant également un pourcentage à l’administration qui n’a pas pu régler sa facture au-delà de 60 jours. Cette disposition permettra aux entreprises d’éviter de se retrouver dans la rue à cause des travaux et projets impayés par l’Etat.

La solution des banques

A quand donc la mise en œuvre de ce projet ? « C’est un projet qui est en cours de finalisation », répond George Meka Abessolo à TIC Mag, tout en indiquant qu’il est probable qu’il soit d’ailleurs lancé dans les semaines à venir.

Occasion pour M. M. Esso, représentant de l’entreprise de Camtel dans la salle, d’insister pour que cette proposition soit absolument inscrite dans les recommandations de l’atelier.

« Avec cette recommandation, comme l’a expliqué M. Meka, si l’Etat ne te paye pas dans les 60 jours, l’entreprise peux aller retirer son argent auprès des banques locales et l’Etat devient le débiteur ou le créancier de cette banque. Nous avons des échéances avec l’Etat qui date de trois ans. L’Etat ne paye pas. Avec les cinq premiers mois de l’année 2017, l’Etat nous doit pratiquement 15 milliards de francs Cfa. Par exemple, plusieurs experts proposent que Camtel amène la fibre optique auprès des ménages. C’est un projet de Camtel. Mais, il faut de l’argent pour le financer et une telle disposition aiderait véritablement les entreprises du numérique », reconnaît M. Esso.

Parmi les 26 autres solutions, les participants ont recommandé que la gestion du Fonds spécial des télécommunications soit reformée afin de soutenir davantage les start-ups ou devenir un fonds de garantie auprès des banques ou encore qu’il y ait une passerelle entre les incubateurs et le FST qui deviendra « un levier important pour développer ces start-ups ».

Autres solutions, la formation des jeunes entrepreneurs du numérique ; la mise en place des plateformes de financement participatif ; la sensibilisation et la formation des banques sur les risques liés au numérique ; la mise en place d’un mode de paiement entre l’Etat et les banques pour le paiement des factures non réglées, etc.

L’ensemble des recommandations de cet atelier à retrouver bientôt sur TIC Mag.

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