mardi 31 mai 2016

#CSOforumLusaka: Le New Deal pour l'énergie en Afrique est en marche !

crédit-photo: AFdB Flickr

Lusaka. 23-27 Mai.
Invitée par la BAD à prendre part au Forum des OSC , j'ai pris plaisir à représenter l' Association des Blogueurs de Côte d'Ivoire (ABCI). Un grand rassemblement réunissant, outre les représentants officiels, quelque 5 000 délégués des 54 pays africains.
A mon arrivée ( le 24 Mai), je me suis tout de suite plongée dans le bain de l'ambiance avec la présence de la plupart de mes collègues blogueurs et activistes-web africains. Je citerai entre autres : Gaius Kowene, Cheikh Fall, Edward Tagoe, Peter Nawa, Connie, Samir Abdel Karim, Rosebell Kagumire, Georges Mutale, Amukelani Mayimele, Jemila Abdulai, Sobel Aziz Ngom, etc

Energie, ma vie !
Plusieurs jours d'intenses partages et découvertes sur les enjeux de la nouvelle Afrique et comment la Banque (la BAD) peut collaborer efficacement avec les organisations de la société civile (OSC). Ah oui! On avait de la matière...
L'objectif de notre présence pendant ce forum était de couvrir les différents
échanges concernant les 3 sessions thématiques parallèles, suivantes:
- Energie
- Emploi des jeunes
- Agriculture
J'ai décidé de couvrir - en français - la session sur l'énergie parce que comme l'a si bien mentionné le Président de la BAD - Akinwumi Adesina et je cite: "on ne peut pas collaborer dans l'obscurité en Afrique.'' C'est tellement bien dit !

Plus de 645 millions d'Africains (près de deux tiers de la population) n'ont pas accès à l'électricité  

L’Afrique est la région qui affiche le plus bas taux d’électrification. Les estimations montrent que 42% seulement de la population a accès à l’électricité, contre 75% dans les pays développés. L’Afrique subsaharienne affiche des taux encore plus bas : 30% et seulement 14% dans
les zones rurales . En outre, même lorsque l’énergie moderne est disponible, elle est chère et peu fiable. Si les tendances actuelles se maintiennent, moins de
la moitié des pays africains atteindront l’accès universel
à l’électricité d’ici à 2050. Entre 1967 et 2011, la Banque a privilégié le secteur de l'énergie en consacrant un peu plus d'un tiers des engagements à l'infrastructure, soit 34% en faveur de ce secteur. La plupart des financements de la Banque dans le secteur de l'énergie étaient orientés vers l'appui de systèmes d'approvisionnement en énergie. Fort de cette expérience et de son avantage comparatif dans le domaine, la BAD est appelée à jouer un rôle de premier plan dans l’assistance apportée aux OSC en vue de combler le déficit énergétique sur le continent.

Akin Adesina a donc profité de ces Assemblées Annuelles pour présenter les grandes lignes de ce qu'il appelle le « New Deal pour l'énergie en Afrique » qui vise l'accès à universel à l'électricité sur le continent en 2025. Pour y parvenir, la BAD entend notamment « mobiliser près de 50 milliards de dollars de financements publics et privés en faveur d'investissements dans le secteur de l'énergie », rapporte le site d'infos burkinabé Fasozine. En effet, en matière de ressources énergétiques, le potentiel est là. Selon le patron de la BAD, le continent recèle « plus de 10 térawatts (TW) de solaire, 350 gigawatts (GW) d'hydroélectricité, 110 GW d'éolien, et un surcroît de 15 GW de géothermique ». 
Une croissance inclusive, durable et de plus en plus verte en Afrique
Fort de ce constat, la coopération des OSC et de la BAD nécessitait donc une réflexion approfondie afin d'assurer un meilleur suivi et impact des actions futures. Revenons à la Session sur l'Energie.
Le modérateur Neil Cole et les différents panélistes - issus de la Banque mais aussi de la Société Civile - ont su agrémenter les débats grâce à leurs expertises. Je citerai entre autres: Sheila Oparaocha, Pr. Anthony Nyong, Tjaarda Storm Van Leeuwen, Alex Rugumba and Kevin Uruma

crédit-photo: AFdB Flickr

De la session sur le thème de l’Énergie et des propositions concrètes concernant les actions des OSC et de la BAD, voici ce que j'ai retenu de ces deux jours de débats et qui me semble pertinent:
- L'Afrique - longtemps pointée du doigt- n'est pas à l'origine des émissions de Gaz CO²
- 600.000 personnes meurent en Afrique et cela est dû aux émissions de CO 2.'
- Les émissions de gaz en Afrique ne proviennent pas de l'activité de la croissance économique du continent
- Si on baisse l'utilisation du charbon, on pourrait considérablement réduire les émissions de CO²"
- Les OSCs ont un rôle de plus en plus important dans le devt du continent africain 
- Si on utilise de nouvelles technologies, on pourrait réduire d'une tonne, les émissions de gaz
- Pour mieux impliquer les jeunes au changement de mentalité, utilisons d'abord leurs canaux de communication
- Les bureaux régionaux de la BAD s'engagent à maintenir le dialogue avec les OSCs et en dehors des Forums
- Les OSC (avec l'appui de la BAD) comptent mobiliser les jeunes entrepreneurs à s'investir dans le secteur de l'énergie en particulier dans les projets "Clean Cooking" , les énergies solaires et autres renouvelables
- L'implémentation des projets "Clean Cooking" et énergie propre bénéficient d'un plaidoyer et d'une mise en oeuvre par les OSCs 
- La stratégie à long terme 2013-2022 de la BAD vise une croissance inclusive, durable et de plus en plus verte en Afrique
- La BAD peut être un cadre de collaboration entre toutes les OSCs du continent sur la question de l’énergie
- La BAD ne fait pas de plaidoyer. Il s'agit bien du domaine des OSCs. La BAD apporte une expertise technique et du financement à ces dites organisations.
- C'est la société civile africaine qui doit aider à l'impact durable des politiques de développement énergétique. Pour palier au déficit énergétique, les OSCs doivent promouvoir le mix énergétique auprès des Etats et de la Banque
- Monitorer et évaluer les effets des actions des OSC sur le terrain dans le secteur de l’énergie
- L'utilisation du charbon n'est pas le seul problème mais le manque de sensibilisation des populations à l'efficacité énergétique
- Autonomiser les femmes africaines pour un meilleur accès à l’énergie et leur offrir des modes de cuisson avec des énergies propres. Exemple: Clean Cooking ou Cuisine Propre
-  Le programme de mise en oeuvre des Cuisines Propres a été finalisé et sera déployé dans plusieurs états
- Les OSC doivent participer à la sensibilisation des populations africaines au Clean Cooking
- Il faut débloquer des sources de financements privées en faveur des projets énergétiques africains 

La majeure partie de ces propositions seront analysées et implémenter au mieux à travers les différentes représentations régionales de la BAD. L'implication des OSC à travers des projets pertinents et mesurables est fortement attendue.

Il est certain que l'ambition de la BAD de créer 25 millions d'emplois pour la jeunesse dans 10 ans, passera nécessairement par le développement du secteur de l’énergie.

crédit-photo: AFdB Flickr
Du pouvoir de la Société Civile africaine !
En définitive, le Forum des OSCs de la BAD fut une occasion de plus de renforcer l'impact du rôle de ces organisations de la société civile dans l'émergence du continent africain en tenant compte des Big 5, chers au Président en exercice, Akinwumi Adesina.
Mais surtout et par dessus, je suis plus que jamais convaincue qu'avec les Réseaux Sociaux les jeunes contribuent à changer et dessiner les contours d'une Afrique émergente et puissante.

Suivez le hashtag #CSOforumLusaka pour revivre le livetweet des deux jours d'échanges
Plus d'infos sur la politique énergétique de la BAD via ce lien: http://snip.ly/4cpx9

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