mercredi 14 janvier 2015

Cybercriminalité : Les internautes dakarois des proies faciles



L'escroquerie et l'arnaque électroniques sont toujours à la fenêtre des usagers de la toile. Les cybercafés, bien qu'étant de moins en moins fréquentés, continuent d'être des trappes. Un tour dans quelques boîtes de la capitale permet de constater que beaucoup de personnes ne jouent pas encore la carte de la vigilance. L'alerte est donc lancée pour les internautes moins avertis.


Castor, dans un cyber vitré, sis à la Cité Marine. Louis, un quinquagénaire sénégalais, d'origine béninoise, fait face à l'écran. Informaticien de profession, il vit au Sénégal depuis 25 ans. « Je reçois souvent des messages. A défaut de ne pas répondre, je prends toujours la peine de les vérifier », confie t-il d'emblée, les doigts reposant sur le clavier.


Bien que les internautes soient de plus en plus ciblés à travers leurs téléphones portables, les personnes qui se connectent dans les quelques cybers restants dans la capitale sont toujours exposées. Il faut dire que le respect de l'intimité et de la confidentialité du client est ce qui pousse les plus avisés à ne pas pouvoir mettre en garde les potentielles victimes.


« Les gérants des lieux de connexions ne peuvent pas protéger les clients. On ne peut pas intervenir pendant que les clients se connectent. Même s'ils rencontrent des choses qu'ils ignorent pendant leur connexion, ils préfèrent en parler à une personne extérieure au lieu de se confier au gérant, qui est la personne la plus avertie », explique Souley Ngom, gérant d'un cyber à Liberté 5.


Famara Sané, patron d'un cyber, sis à Dieuppeul 3, constate avec résignation le danger qui guette les internautes ; même s'il lui arrive d'intervenir à partir de son poste. « Les enfants savent contourner les barrières de protection contre les mauvaises choses que l'on retrouve sur la toile. Certains adultes cherchent même les sites non recommandés », soutient-il, soulignant que les avertissements liés aux limites d'âge sont contournés par les mineurs.


La sourde oreille des internautes est l'autre mal qui fait des internautes des proies faciles à l'arnaque électronique. « Je mets d'habitude des personnes en garde, mais elles font fi des avertissements à cause de l'appât du gain », révèle-t-il.


Rencontré à liberté 4, ce jeune comptable de profession tient un ordinateur portable reposant sur ses jambes. « Il ne m'est pas encore arrivé de tomber sur des opportunités offertes pendant que je surfe. Mais il y a un minimum à savoir : dès qu'ils demandent des frais de dépôt ou des pièces bancaires, ce n'est plus sérieux : c'est de l'arnaque, de l'escroquerie… », avise-t-il. Le jeune Sicapois confie également que ses amis mettent les messages électroniques dans les messages indésirables.


En plus de la limite du respect de confidentialité de leur client, les gérants relèvent aussi le manque de garantie sécuritaire pour ceux qui veulent jouer le rôle d'alerte. Aujourd'hui, ils demandent l'assistance des administrateurs de cyber, ainsi qu'une collaboration sécurisée avec la Police.


En attendant, les jeunes usagers peuvent mettre en pratique ces recommandations. « Il ne faut jamais cliquer ou répondre si vous ne connaissez pas l'expéditeur. Il ne faut jamais donner son adresse email à des sites de rencontres ou commun. Ce qui se passe, c'est que les véreux récupèrent ces adresses email à des fins parfois illicites », explique un des experts rencontrés.


Emile Dasylva


(Source : Wal Fadjri, 14 janvier 2015)







via OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal http://ift.tt/1DZSZBV

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