lundi 15 décembre 2014

Enseignement numérique des cours de philosophie : Les syndicats restent sceptiques



Les syndicats d'enseignant, notamment le Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saemss) et le Cadre unitaire des enseignants du Sénégal (Cuse) restent sceptiques sur la nouvelle initiative de leur ministre de tutelle de jauger le déficit de professeurs en philosophie.


Mamadou Lamine Diante et Oumar Waly Zoumarou déplorent l'adoption, sans partage et sans concertation, d'une telle mesure avec les syndicats enseignant, comptables des résultats des élèves au baccalauréat.


Ils invitent Serigne Mbaye Thiam à trouver des solutions structurelles pour venir à bout de ces déficits persistants de professeurs en philosophie et aussi des filières scientifiques.


« La solution est de recourir aux ressources numériques. 30 vidéos et des cours numériques ont été produits par le ministère. Dans les prochains jours, nous devons recevoir tout le matériel multimédia. Il s'agit de 240 classes numériques et 2000 tablettes ont été déjà commandées ».


En parlant ainsi le ministre de l'Education nationale, Serigne Mbaye Thiam jette les orientations de sa nouvelle démarche pour venir à bout le problème persistant du déficit de professeurs, notamment en philosophie.


Il s'exprimait mardi dernier à l'occasion du vote du budget de son département, pour la gestion 2015, qui a été adopté. Il a été arrêté à la somme de 370.742.561.060 FCfa contre 366 milliards FCfa en 2014, soit une augmentation de 3.927.543.020 en valeur absolue et 1,07% en valeur relative.


A noter que 86,39%, soit 320, 27 milliards FCfa représentent les salaires des fonctionnaires et la rémunération des corps émergents.


Cette initiative saluée certes par les députés connait toutefois quelques poches de résistances de la part des syndicats d'enseignant. Ils sont montés au créneau pour dénoncer le manque de concertation et de partage de cette nouvelle démarche, afin de mesurer sa pertinence.


Pour Mamadou Lamine Dianté, « cette innovation doit être partagée d'autant que cette discipline est très sensible si l'on sait que les élèves la découvrent en classe de terminale ».


Le Secrétaire général du Syndicat autonome des enseignants du moyen et secondaire du Sénégal (Saemss) estime que l'innovation doit être partagée et adoptée par les enseignants pour mettre les élèves sur la même ligne de départ et espérer à l'arrivée être soumis aux examens du Bac.


« L'échec ou le succès de cette initiative serait de la responsabilité du ministère de l'Education nationale. Même si l'Inspection générale de l'Education nationale aurait validée ce projet, la Fastef doit assurer la tutelle », a-t-il précisé.


Le coordonnateur du cadre unitaire des syndicats d'enseignants voit cette démarche comme un manque de vision de la part du ministre de l'Education.


Omar Waly Zoumarou l'invite à « trouver des solutions structurelles en lieu et place de celles conjoncturelles pour maitriser cette équation du déficit. Il s'agit d'augmenter les capacités du département de philo en faculté des Lettres ».


« On se demande même s'il maitrise les enjeux. Est-ce qu'il capable avec ces vidéos de pouvoir trouver des tablettes à des élèves pour l'enseignement philosophique. Il va envisager la même formule pour les filières scientifiques en manque de professeurs », s'inquiète M. Zoumarou.


Ibrahima Baldé


(Source : Sud Quotidien, 15 décembre 2014)







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