vendredi 7 novembre 2014

Trou d'un milliard de FCFA à Expresso : Le Syrien Assaad écarte les Sénégalais du Comité de direction



Seuls des Soudanais planent au-dessus de la Direction générale de Expresso. Ce qui constitue une violation du cahier des charges. Il s'y ajoute que le Syrien Mohamed Assaad Kondakji, qui vient d'être nommé Directeur commercial et marketing, a dissout tout le système trouvé sur place.


Pis, les employés sont menacés de licenciement en cas de création de syndicat. Des lettres de dénonciation viennent d'être envoyées à l'Inspection générale du travail, au ministère du Travail et à l'Autorité de régulation des télécommunications et des Postes.


Aucun Sénégalais ne fait plus partie du Comité de direction de la compagnie téléphonique Expresso. Ce qui constitue une violation du cahier des charges signé avec l'Autorité de régulation des télécommunications et des postes (Artp). En clair, toutes les directions sont occupées par des Soudanais. Le nouveau Directeur général, Abdallah Saeed, est un Soudanais, le Directeur général adjoint, Mahfoud Brahim (Mauritanien), le Directeur financier, Ali Bachir (Soudanais) surnommé Dieu du ciel et de la terre dans l'enceinte de la compagnie grâce à son influence dans les instances de décision de Expresso. Bref, confient des sources de Expresso, il a un droit de véto sur tout.


Ainsi, il faut bénéficier des grâces de Ali Bachir pour se connecter au réseau d'Expresso. Le Secrétaire général, Alla Elladine, est Soudanais. Il y a un Sénégalais dans le groupe, si l'on sait qu'il est tombé sous le charme de l'assistante du Directeur général, une Sénégalaise, avant de la prendre comme deuxième femme. Et le couple partage le même bureau. Le Directeur technique, Mutaz Elbadaouny (Soudanais) et le Syrien, Mohamed Assaad Kondakji, nouveau Chief commercial officier, équivalent de Directeur commercial et marketing, a dissout tout le système management. Avec ce top management, la direction de Expresso s'exprime librement en Arabe lors de ses réunions. Le Directeur des ressources humaines, Seydou Nourou Sy, qui s'exprime bien en Arabe, communique aisément avec eux. Un malaise que les employés de la boîte ont peur de dénoncer par crainte d'être licenciés à la fin de leur contrat. « Nous voulons monter un syndicat, mais des personnes tapies dans l'ombre informent la Direction générale de nos projets. Raison pour laquelle certaines personnes impliquées dans la création d'un syndicat sont libérées dès la fin de leur contrat », renseignent des sources de Expresso.


N'empêche, une correspondance, dont nous avons copie, vient d'être envoyée à l'Inspection du travail avec ampliations à l'Artp et au ministère du Travail. Cette radicalisation d'Expresso contre ses employés nationaux fait suite au licenciement de son ex-Directeur général, Emmanuel Hamez (publié par « Libération »). Certes, Tigo a talonné Expresso sur le marché, mais l'origine du limogeage du Français, Hamez, est lié à un trou d'un milliard de francs Cfa. Une manne financière que les actionnaires du groupe n'ont pas pu digérer. En somme, il s'agit d'un chèque de 400 millions de francs Cfa, signé par un fournisseur et revenu impayé, sans oublier le vol de 700 millions de francs Cfa de cartes de recharge à Tambacounda. « Les 700 millions de francs Cfa n'ont pas disparu en une journée. Les malfaiteurs soutiraient chaque jour des cartes avant de les écouler », confient des sources proches de cette enquête. Malick Thiam, ex-Directeur commercial du groupe qui était en bisbilles avec Ali Bachir surnommé Dieu du ciel et de la terre, a finalement quitté le groupe. Même si l'ex-Directeur commercial a négocié en liasses son départ de Expresso.


Mamadou Seck


(Source : L'Observateur, 7 novembre 2014)







via OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal http://ift.tt/1ABaYAT

Réactions :