samedi 8 novembre 2014

Rencontre avec un entrepreneur digital



Tagor, mot Lébou signifiant le tronc d'arbre servant de point d'appui aux piroguiers. C'est aussi le nom du studio graphique de Malick Diène, entrepreneur basé au Centre d'incubateur pour les entreprises TIC (CTIC/Dakar). Dans cet entretien, il nous parle de son entreprise, des enjeux du numérique entre autres sujets.


Naissance de la start-up Tagoor


« Avant de créer la structure, j'étais salarié, avec un contrat à durée indéterminée et un bon salaire. Arrivé à un moment, j'ai senti la nécessité de monter ma propre boîte. Je menais mes activités en freelance avec mon travail de salarié et à un moment donné, je n'arrivais plus à concilier les deux activités. Donc en 2008, j'ai décidé de démissionner de mon poste pour créer ma propre structure, un studio de communication graphique et visuelle ».


Innovation


« La communication multimédia est un secteur où il faut apporter de l'innovation pour se démarquer des autres. Notre cœur de métier c'est la conception graphique. Nous sommes la première entreprise à faire à la fois du graphisme pour bandes dessinées, de la sérigraphie assistée par ordinateur, de la conception de logos et d'affiches tous supports. J'apporte une touche plus artistique et plus humaine à la création graphique ».


Apport du CTIC


« Je suis incubé au CTIC depuis un an, en aout 2013, et je dois reconnaître que ça valait le coup car le CTIC m'a permis de mieux me structurer en termes de réseautage, de partenariat, ce qui me permettra une fois la période d'incubation terminée de pouvoir voler de mes propres ailes ».


Les TIC , un secteur d'avenir


« Je dirais tout simplement qu'il faut évoluer avec son époque, je donne un exemple : avant, le métier d'infographiste n'était pas si développé ; quand les nouvelles technologies sont arrivées, les anciens étaient obligés de se recycler. Aujourd'hui avec les TIC, le travail est devenu de plus en plus sérieux car bien fait. Les nouveaux outils permettent de gagner du temps et en qualité de travail. C'est un secteur accessible et en croissance. En 2014 parler de travail bien fait en dehors des nouvelles technologies, je pense que c'est impossible ».


Enjeux du numérique au Sénégal


« Ils sont multiples. La chance que nous avons ici en Afrique, c'est que c'est un secteur d'avenir qui n'est pas encore saturé comparé en Europe. Il nous appartient en tant que jeunes africains de savoir en tirer profit, surtout que tout est à faire au Sénégal et en Afrique. L'un des enjeux pour moi, c'est la maitrise de l'information dans nos pays. On utilise encore les langues étrangères avec les nouvelles technologies. On gagnerait mieux à mettre en valeur nos langues parce que pour apprendre par exemple le métier d'infographiste, il faut au minimum 3 à 4 ans de formation sérieuse. Si cette formation se faisait dans nos langues nationales, ce délai d'apprentissage serait plus réduit et l'accès à l'emploi plus rapide pour les diplômés. C'est un secteur stratégique et nous devons tout faire pour le prendre en main ».


Environnement du web à Dakar


« Ce qui me désole le plus au Sénégal, c'est que les gens n'ont toujours pas saisi l'importance du web. On ne se rend pas compte des nombreuses opportunités qu'offrent les technologies numériques. C'est un formidable outil de travail qui malheureusement ne profite qu'à une petite minorité. La plupart des gens ne vont sur le web que pour s'amuser en y perdant beaucoup de temps. L'aspect professionnel n'est pas toujours bien compris malheureusement chez nous ».


Conseil aux jeunes entrepreneurs


« Déjà il faut dire qu'entreprendre c'est prendre des risques. Mon conseil aux jeunes, c'est qu'il ne faut jamais se lancer dans une activité sans conviction, il faut être convaincu de son choix et faire le choix de la passion. Nous gagnerions au Sénégal et en Afrique que les jeunes osent davantage, en se prenant eux-mêmes en main et qu'ils fassent des choses qu'ils aiment bien. Il faudrait que chacun se batte et fasse tout pour être un leader dans son domaine d'activités, en ayant pris le temps de bien se former ».


(Source : Digital Dakar, 29 octobre 2014)







via OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal http://ift.tt/10HhoOt

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