mercredi 5 novembre 2014

Passage au numérique : mes questions au Contan



Dans notre précédente chronique, nous avons exposé les grandes lignes du chronogramme de basculement des télévisions au numérique. Dans ce présent jet, nous revenons, comme promis, sur les questions opérationnelles qu'implique ce basculement.


Je précise, d'emblée, que le délai de basculement au numérique relayé dans la précédente chronique vient d'une information mise à notre disposition et publiquement par les responsables du Contan et d'Excaf lors de la réunion d'information et de partage avec les opérateurs de télévision tenue au Radisson le 19 septembre dernier. Et devant les micros et caméras de télévision. Donc le délai d'octobre a été annoncé par ces responsables pour répondre à l'insistante question de Cheikh Ngaido Ba du CSE.


Aujourd'hui j'ai une série de questions sur les décodeurs : comment assurer la distribution et la gestion des décodeurs destinés aux ménages sénégalais ?


Dans la convention qui lie l'Etat du Sénégal à Excaf, il est stipulé que l'opérateur de multiplexage distribuera 850.000 (huit cent cinquante mille) décodeurs à travers le Sénégal. Ma préoccupation naïve est de m'interroger sur le chiffre de 850.000 ménages. Est-ce que ce chiffre correspond au dernier recensement national effectué par l'ANDS (Agence nationale de la démographie et la statistique) ? Autrement dit combien ya t il de ménages actuellement au Sénégal ? Étant entendu que l'opérateur est tenu d'assurer l'accès à la TNT à l'ensemble des sénégalais sans discrimination.


Lors de la réunion tenue au Radisson le 19 septembre dernier, le Contan avait assuré par la voix de son directeur Amadou Top que les décodeurs seraient subventionnés. Les sénégalais ont besoin de savoir à quelques jours du basculement au numérique combien va leur couter l'acquisition du décodeur ? Seront-ils subventionnés et à quelle hauteur ? Ou bien seront-ils gratuits ?


Du coté des chaines de télévision aussi, les responsables s'interrogent sur le paramétrage de ces décodeurs qui seront distribués par Excaf ? Ces chaines pourront elles librement accéder à la Hbbtv (interactivité) qui va leur assurer les services à valeur ajoutée ? Les services à valeur ajoutée seront-ils soumis à une redevance à payer par les chaines de télé et à quel montant ?


Les décodeurs vont permettre à l'ensemble des sénégalais de suivre gratuitement (en clair) toutes les chaines nationales (au nombre de 16 en ce moment) ; mais y aura-t-il des chaines payantes sur ces décodeurs ? Combien va couter l'accès aux chaines payantes ?


Si Excaf ne gère pas l'exploitation, comment va se faire la gestion commerciale des décodeurs entre Excaf (propriétaire des décodeurs) et la société en charge de l'exploitation commerciale qui sera mise en place ? Cette question pose la complexité de la relation à venir entre l'opérateur technique Excaf et la société chargée de gérer l'exploitation commerciale. Il ya aussi le crucial problème de la maintenance et du support aux usagers à repartir entre les deux entités pour éviter aux familles sénégalaises des maux de tête.


Last not but least, la vente des décodeurs sera elle libéralisée ? Excaf aura il l'exclusivité des décodeurs ? Le business des décodeurs est l'un des créneaux les plus juteux du passage au numérique, et pour une question d'équité, ce serait bien d'informer à temps et correctement les acteurs audiovisuels et les sénégalais au nom du droit à l'information. D'autant plus que le cout initial du set up box (décodeur) est estimé à 35 dollars US chez le fabricant. Un droit de douane de 46% est appliqué sur ces équipements au Sénégal ou cette taxe est la plus élevée de la sous région. Le cout de revient pour l'importateur de décodeurs est donc majoré de 50%. L'importation des décodeurs destinés au passage numérique sera-t-elle exonérée des taxes ? Pour Excaf et pour les autres potentiels importateurs ?


Voilà un premier jet de questions sur un aspect du passage au numérique et j'ose espérer que nos amis du Contan et d'Excaf pourront s'ils le veulent utiliser l'espace que leur offre IGFM pour informer les sénégalais sur ce genre de questions.


A suivre…..


Adama Sow


(Source : L'Observateur, 25 octobre 2014)







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