mardi 4 novembre 2014

Le faux site Web de l'aéroport de Ouagadougou en cache d'autres



Plusieurs médias (Big Browser inclus) sont tombés dans le piège ce week-end, relayant les recommandations et commentaires politiques étranges qui figuraient sur le site Internet de l'aéroport de Ouagadougou. La plateforme, qui indiquait notamment que des "fouilles anales" étaient pratiquées "de manière aléatoire sur des voyageurs de chaque vol" et que "les rastafaris [étaient] systématiquement explorés", était en réalité un faux.


Libération révélait l'imposture, lundi 3 novembre, indiquant que la page d'accueil du prétendu site de l'aéroport avait depuis été complétée par une photo de Dieudonné en train de faire le geste de la quenelle, comme un pied de nez aux différents journaux ayant pris les faux propos pour argent comptant. Mais l'histoire ne s'arrête pas là, car le faux site de l'aéroport de Ouagadougou n'est pas unique en son genre.


Comme le relève Jeune Afrique, d'autres aéroports de capitales ouest-africaines, qui ne disposaient pas d'un vrai site officiel, ont été victimes ces derniers mois d'une usurpation sur le Web : Abidjan, Dakar, Lomé, Bamako, Cotonou, Niamey... Le nom de domaine est toujours construit sur le modèle "aeroport-ville.com", la mise en page est la même et chacun de ces sites mêle, comme celui de Ouagadougou, vraies informations sur les horaires des vols ou la météo, et commentaires farfelus. Ajoutant à la confusion, les pages Wikipedia des aéroports renvoient vers ces sites, personne ne les ayant jusque-là identifiés comme étant des faux.


Enfin, tous ont été enregistrés sous deux noms – celui de Nicolas Desardennes ou de Christian Costeaux –, qui correspondraient à une seule et même personne domiciliée... en France, à Forcalquier (Alpes-de-Haute-Provence). Contacté par Jeune Afrique, Christian Costeaux "reconnaît héberger ces sites, 'comme environ 3 000 à 4 000 autres sites africains', et avoir lui-même acheté les noms de domaines".


Ce dernier affirme en revanche ne pas gérer ces sites : "Il y a des personnes dans chaque pays qui gèrent l'éditorial. Certains sont en régie avec les aéroports, d'autres non", soutient M. Costeaux, qui est par ailleurs, toujours selon Jeune Afrique, propriétaire du site senegalaisement.com et a été condamné en 2004 au Sénégal pour diffamation à l'encontre du maire de Ziguinchor, dans le sud du pays.


De nombreux aéroports africains ne possèdent pas de site Internet, ce qui a permis à l'entrepreneur de réserver les noms de domaines ressemblant à des noms officiels, engrangeant au passage des revenus publicitaires.


A la suite du canular de ce week-end, certains des aéroports concernés ont annoncé vouloir lancer des enquêtes afin de débusquer leur(s) usurpateur(s). Au Burkina Faso, le directeur de l'aéroport de Ouagadougou a précisé à Libération qu'il avait appris l'existence du site Internet mensonger au mois de juillet, au moment de l'accident du vol Air Algérie AH 5017 : "Nous cherchons à identifier l'auteur de ce faux site, pour pouvoir le poursuivre en justice", a-t-il ajouté.


L'épisode de ce week-end, repris par de nombreux médias en raison de l'actualité au Burkina Faso, a mis en lumière l'existence de ces nombreux faux sites, dont on ignore pour l'heure la date de création. Il pourrait pousser les aéroports africains à lancer de vraies plateformes d'information officielles.


(Source : Blogue Big Browser, 4 novembre 2014)







via OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal http://ift.tt/10jmbVJ

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