mercredi 26 novembre 2014

L'Afrique à la traîne dans le classement de l'indice de développement des TIC de l'IUT



Selon le rapport de référence annuel de l'UIT, Mesurer la société de l'information, plus de trois milliards de personnes sont désormais en ligne et les technologies de l'information et de la communication (TIC) continuent de croître à un rythme soutenu dans presque tous les pays du monde même si le monde développé est toujours largement en avance.


D'après le rapport publié par l'IUT, l'utilisation de l'Internet continue de croître à un rythme constant, à un taux de 6,6% en 2014 (3,3% dans les pays développés, 8,7% dans les pays en développement). Le nombre d'internautes dans les pays en développement a doublé entre 2009 et 2014, et ces pays regroupent désormais les deux tiers des personnes connectées dans le monde.


Sur les 4,3 milliards de personnes qui n'utilisent pas encore l'Internet, 90% vivent dans des pays en développement. Dans les 42 pays les moins connectés, qui comptent au total 2,5 milliards d'habitants, il reste très difficile d'avoir accès aux TIC, en particulier pour les nombreux habitants des zones rurales.


« Les TIC peuvent rendre le monde bien meilleur, en particulier pour les plus démunis, y compris les femmes, les jeunes et les personnes handicapées« , a déclaré le Secrétaire général de l'UIT, Dr Hamadoun I. Touré. « Ce rapport revêt une importance cruciale dans l'optique du développement des TIC au niveau mondial. En effet, il est indispensable de procéder à des mesures pour suivre les progrès accomplis, et c'est pourquoi l'UIT collecte des statistiques sur les TIC concernant 200 pays et portant sur plus de 100 indicateurs.«


« On estime que 450 millions de personnes vivent dans des endroits qui ne sont toujours pas desservis par la téléphonie mobile. »


Dans le secteur de la téléphonie mobile, on estime que d'ici à la fin de 2014, le nombre d'abonnements atteindra les sept milliards, ce qui correspond approximativement à la population mondiale. Toutefois, cela ne signifie pas que tous les habitants de la planète sont connectés, car de nombreux utilisateurs possèdent plusieurs abonnements, et parfois la croissance observée sur le plan mondial ne se traduit concrètement que par de minces progrès au niveau de la connectivité des plus défavorisés. On estime que 450 millions de personnes vivent dans des endroits qui ne sont toujours pas desservis par la téléphonie mobile.


Signe encourageant, les pays pauvres ont réalisé des progrès notables en ce qui concerne l'accès à la largeur de bande internationale. Celle-ci est aujourd'hui utilisée à hauteur de plus de 30% par les pays en développement, contre à peine 9% en 2004. Cependant, le manque de largeur de bande Internet internationale disponible dans bon nombre des pays les moins connectés demeure un obstacle important à l'adoption des TIC dans ces pays, et limite souvent la qualité de l'accès Internet.


L'Afrique à la traîne dans le classement de l'indice de développement des TIC Le Danemark arrive en tête du classement de l'indice de développement des TIC (IDI)*, outil de mesure composite qui établit un classement entre 166 pays en fonction de leur niveau d'accès aux TIC, de leur utilisation des TIC et de leurs compétences dans ce domaine (voir le Diagramme 1). La République de Corée se classe deuxième.


Les 30 premières places du classement sont occupées par des pays européens, ainsi que par des pays à revenu élevé d'autres régions, comme l'Australie, Bahreïn, le Canada, les Etats‑Unis, le Japon, Macao (Chine), la Nouvelle‑Zélande et Singapour. Presque tous les pays ayant participé à l'enquête ont progressé au classement de l'indice IDI cette année.


Concernant les comparaisons entre les régions, l'indice IDI moyen de l'Europe (7,14) reste nettement supérieur à celui de la région suivante, à savoir la Communauté des Etats indépendants (CEI, 5,33), qui devance elle‑même la région Amériques (4,86), la région Asie-Pacifique (4,47), les Etats arabes (4,55) et l'Afrique (2,31).


La CEI et les Etats arabes sont les régions dont l'indice IDI moyen a le plus progressé au cours des douze derniers mois.


Pays dynamiques


Le rapport met en évidence un groupe de « pays les plus dynamiques », qui ont accompli des progrès supérieurs à la moyenne en ce qui concerne leur classement selon l'indice IDI au cours des 12 derniers mois. Ces pays sont (par ordre décroissant) les Emirats arabes unis, Fidji, le Cap-Vert, la Thaïlande, Oman, le Qatar, le Bélarus, la Bosnie-Herzégovine et la Géorgie.


Les valeurs de l'indice IDI sont en moyenne deux fois plus élevées dans les pays développés que dans les pays en développement.


L'écart se creuse entre zones urbaines et zones rurales Le Rapport Mesurer la société de l'information 2014 montre par ailleurs que l'écart se creuse entre les zones urbaines et les zones rurales en ce qui concerne l'adoption des TIC, même dans les pays les plus riches du monde. C'est dans les pays très développés, comme le Japon ou la République de Corée, que cet écart est le plus faible, avec un taux de pénétration de l'Internet auprès des ménages en zones urbaines supérieur d'à peine 4% à celui des ménages en zones rurales, mais il est nettement plus important dans les pays en développement comme la Colombie et le Maroc, où il peut atteindre 35%, et l'on estime que les différences sont sans doute encore plus prononcées dans les pays les plus pauvres pour lesquels on dispose rarement de données.


D'une manière générale, le rapport indique que l'accès en zones rurales progresse beaucoup plus lentement que l'accès en zones urbaines et que les décideurs de tous les pays devraient en priorité chercher à connecter les ménages des zones rurales à l'Internet large bande.


Concurrence sur les marchés et accessibilité financière


Les prix du large bande continuent de diminuer. Au cours de la période 2008-2013, c'est-à-dire en cinq ans, le prix du large bande fixe d'entrée de gamme a baissé de 70% dans le monde. Au cours de cette même période, le débit standard du large bande d'entrée de gamme est passé de 256 kbit/s à 1 Mbit/s.


Ce sont les pays en développement qui ont enregistré la plus forte baisse des prix, les prix moyens ayant diminué de 20% par an. Néanmoins, le rapport confirme que, dans la plupart des pays en développement, la part du coût d'un abonnement au large bande fixe est toujours supérieure à 5% du revenu national brut par habitant, pourcentage qui correspond à l'objectif fixé par la Commission des Nations Unies « Le large bande au service du développement numérique ». Le rapport indique en outre que le large bande mobile est six fois moins cher dans les pays développés que dans les pays en développement.


Selon le rapport, la concurrence sur le marché et une réglementation des TIC selon les bonnes pratiques sont les principaux facteurs qui permettraient de rendre les services TIC abordables. Selon de nouvelles analyses présentées dans le rapport, l'accroissement de la concurrence et l'amélioration du cadre réglementaire dans les pays en développement pourraient entraîner une baisse de 10% des prix du large bande fixe.


Une nouvelle analyse concernant les inégalités de revenus montre que les disparités en termes de revenus et de dépenses des ménages au sein d'un pays ont une incidence considérable sur l'accessibilité financière des services large bande fixe. On trouve l'écart le plus faible en Islande, où le large bande fixe de base est 3,5 fois plus abordable pour les 20% les plus riches de la population que pour les 20% les plus pauvres. Tout en bas de l'échelle, dans des pays comme la République sud-africaine, le large bande fixe est 20 fois plus abordable pour les 20% les plus riches de la population que pour les 20% les plus pauvres.


Contenus en ligne


La progression constante du nombre d'internautes va de pair avec une forte augmentation du volume de contenus en ligne. Les applications des médias sociaux contribuent pour beaucoup à la progression de l'utilisation de l'Internet, étant donné que de plus en plus de personnes créent, partagent et publient des contenus sur les réseaux sociaux.


Selon le rapport, quelques grands fournisseurs mondiaux de contenus incontournables ont fait leur apparition. Par exemple, plus de 100 heures de contenu vidéo sont téléchargées chaque minute sur YouTube, qui est aujourd'hui le plus grand site de partage de fichiers vidéo au monde présent dans 61 pays et consulté par plus d'un milliard de visiteurs uniques chaque mois, tandis que Wikipédia, première encyclopédie en ligne tant sur le plan des articles qu'elle contient qu'en termes de nombre d'utilisateurs, comporte aujourd'hui plus de 30 millions d'articles en 287 langues.


Les pays développés sont les premiers producteurs de contenus Internet, puisque que les enregistrements de noms de domaine des pays développés représentaient 80% de tous les nouveaux enregistrements effectués en 2013, alors que ceux effectués par les pays d'Afrique comptaient pour moins de 1%.


Sadibou Sow


(Source : Afrique ITnews, 25 novembre 2014)







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