vendredi 26 septembre 2014

Le renouvellement des actions d'Orange dans Sonatel, un enjeu stratégique pour le groupe français et l'Etat



En 2017, prend fin la durée de participation du groupe français Orange au sein de la Société nationale des télécommunications (Sonatel) du Sénégal. Avant l'arrivée à terme de cette échéance, chaque groupe d'actionnaire a évalué ou évalue encore ses intérêts pour déterminer de la poursuite ou non de la collaboration. Des intérêts tout aussi stratégiques qu'économiques.


Pour le groupe Orange, détenteur de 42,33% de Sonatel et premier des actionnaires à avoir manifesté la volonté de reconduire le partenariat avec l'opérateur historique, l'enjeu est fort. Sur le plan stratégique, Sonatel c'est plusieurs marchés dynamiques : le Sénégal, le Mali, la Guinée et la Guinée Bissau. Sans compter la possibilité d'extension du groupe vers de nouveaux territoires. Un projet auquel croit fortement Stéphane Richard, le président directeur général du groupe Orange et qui avait été abordé en avril dernier, avec le président de la République Macky Sall, lors de sa visite au Sénégal.


Sur le plan économique, il est clair que pour Orange, Sonatel est l'une des filiales africaines les plus dynamiques du groupe. Ses résultats financiers comptent parmi ceux qui rassurent les opérations d'Orange sur le continent. Dans le communiqué du 29 juillet 2014, présentant les résultats intérimaires du groupe Orange pour le premier semestre 2014, le Mali et la Guinée faisaient partie des pays cités comme les grands contributeurs à la croissance de l'entreprise. En 2013, Sonatel a généré un résultat net global de près de 306 millions de dollars dans le résultat global d'Orange qui s'élevait à 2,419 milliards de dollars.


Comme l'a bien expliqué Macky Sall à ses ministres, lors de leur dernière réunion sur le renouvellement éventuel de la participation d'Orange au sein de Sonatel, la collaboration avec l'opérateur français revêt aussi un enjeu de poids pour l'Etat. Il en va de l'emploi de milliers de personnes, de la contribution au produit intérieur brut du pays, de l'amélioration de l'accès des Sénégalais aux télécommunications de qualité et à moindre coûts, etc.


Pour ce qui est des activités d'Orange au Sénégal, précisons que la société française utilise la licence accordé à son partenaire Sonatel. Comme l'explique la cellule de communication de l'opérateur historique, la convention de concession d'installation et d'exploitation de réseau de communications électronique « est signée entre l'Etat du Sénégal et l'opérateur Sonatel, lui délivrant ainsi une licence globale de télécommunications par décret. Par ailleurs, le patrimoine de Sonatel est celui de la société et de ses actionnaires : L'Etat du Sénégal d'une part et d'autre part une dizaine de milliers d'actionnaires à qui l'Etat a cédé des parts du capital à la fin des années 1990 (le groupe Orange, des institutionnels et personnes physiques Sénégalais ou ressortissants de l'UEMOA au travers de sa cotation à la Bourse Régionale des Valeurs Mobilières d'Abidjan, les salariés de SONATEL, etc.). Le renouvellement de la concession est donc un enjeu entre l'Etat et l'entreprise pour la continuité de son activité sur le périmètre défini et non entre l'Etat et les différents actionnaires de l'Entreprise ».


Muriel Edjo


(Source : Agence Ecofin, 25 septembre 2014)







via OSIRIS : Observatoire sur les Systèmes d'Information, les Réseaux et les Inforoutes au Sénégal http://ift.tt/1n5sIhQ

Réactions :