vendredi 27 mai 2011

Dossier spécial/ La télévision numérique terrestre arrive, le Sénégal s'apprête

Un dossier intéressant paru sur Le Soleil du 25 mai 2011. La vague de la télévision numérique a fini par montrer ses premières écumes en Afrique. Elle est annoncée dans quelques années et déjà, des pays comme le Sénégal s'apprêtent sereinement à basculer vers la ''normalité'' audioviosuelle. Pourquoi dis-je ''normalité audiovisuelle''? Eh bien, je trouve anachronique de trouver en l'an de grâce 2011, des chaînes de télé en analogique alors que les téléviseurs vendus en Afrique sont depuis quelques années numériques ou HD. Espérons qu'avant 2015, la Côte d'Ivoire puisse aussi faire sa ''transition'' au numérique pour le bonheur des téléspectateurs, qui il faut l'avouer sont plus abonnés aux chaînes satellitaire qu'à leur TV nationale.

En juin 2015, les Etats passeront de l’audiovisuel analogique au numérique. Cela, comme recommandé par l’Union internationale des télécommunications depuis 2006. Un séminaire de sensibilisation a été ouvert sur le thème, hier, à Dakar. Le Sénégal compte réussir son passage à l’audiovisuel numérique terrestre dont le processus est amorcé depuis l’année dernière.
Allez, tous nos postes téléviseurs à la poubelle !
L’arrêt de la télévision analogique et son basculement vers le numérique oblige. Non, en 2015, il faudrait juste s’équiper tous de boitiers décodeurs pour être dans le tempo du tout numérique. Depuis 2006, comme recommandé par l’Union internationale des Télécommunications, des Etats ont amorcé le passage au système de la Télévision numérique terrestre, pour supprimer ainsi la diffusion analogique en cours actuellement. La Télévision numérique terrestre permet une plus grande capacité d’offres de programmes de télévision et d’une meilleure qualité des images. Au niveau du continent africain, le Maroc, l’Afrique du Sud, L’Algérie, la Tunisie, l’Ile Maurice, le Ghana, la Tanzanie, sont parmi les premiers pays à amorcer le processus de passage à la télévision numérique terrestre. Au Sénégal, c’est en mai 2010 que le ministre de la communication, Moustapha Guirassy a présidé la première réunion préparant la mise en place d’un Comité national pour le passage de notre pays au système de télévision numérique terrestre.
Et en août dernier, lors de la signature d’une convention entre les responsables de la Radio diffusion télévision du Sénégal et la société chinoise Startimes, Babacar Diagne, affirmait que « La Rts va achever, dans trois ans, le dispositif total de passage au numérique dans toute l’étendue du pays ». A l’instar de la télévision nationale, les télévisions privées se préparent également à l’ère du numérique. Si les téléspectateurs se sont déjà familiarisés avec les décodeurs de Canal + Horizons et de Rdv Dunyaa, leurs foyers seront bientôt dotés d’autres boitiers qui seront proposés par les nouveaux groupes de télévision arrivés dans le paysage médiatique sénégalais.
La Télévision futurs Médias (Tfm), lancée par Youssou Ndour en septembre dernier, va se doter, prochainement, d’un décodeur. Et Touba Tv, une chaîne de télévision satellitaire créée en novembre 2009, vient d’annoncer le lancement de son décodeur hybride accessible depuis un téléviseur mais également sur Ipad et Iphone. Si les responsables de télévisions contactés ne veulent pas se prononcer ou trop avancer sur leurs activités pour le passage de l’audiovisuel analogique à l’audiovisuel numérique, il est évident qu’ils travaillent tous pour relever le défi du « tout numérique » d’ici 2015. En attendant, l’Etat se charge de définir les règles et lois y afférant.
Le challenge du comité national
« L’avènement du numérique au Sénégal, sera une révolution. Un challenge, un engagement qu’on doit gagner. L’ère de la télévision numérique pour tous se fera par processus, progressivement, région par région », disait Moustapha Guirassy. Le ministre de la Communication présidait, en octobre dernier, la première réunion du Comité national chargé du passage de notre pays à la Télévision numérique. Ce comité national, pour le passage de l’audiovisuel de l’analogique au numérique composé d’experts nationaux, a été institué par arrêté du Premier ministre le 26 août 2010. Composé de membres issus du ministère de la Communication et des Télécommunication, du ministère des Tics, du Cnra, de l’Artp, il est présidé par le ministre Moustapha Guirassy et coordonné par Malick Ndiaye, spécialiste des Tic et de Management des Médias, par ailleurs responsable de la Grappe Tic et Télé Services de la Stratégie de la Croissance accélérée (Sca).
Concernant la télévision numérique terrestre, Malick Ndiaye, précise d’emblée que « c’est un système de diffusion par voie hertzienne qui, grâce aux nouvelles technologies de transmission numérique, permet de diffuser plusieurs chaines de télévision sur une seule fréquence hertzienne généralement utilisée par une seule chaine de télévision en mode analogique ». La réception de la télévision numérique, selon le Coordonnateur du Comité, se fait via une simple antenne râteau, ou même une antenne intérieure. Sans avoir donc besoin de parabole ni de câble. Il est cependant nécessaire de disposer d’un boîtier adaptateur extérieur ou intégrée à la télévision. Depuis sa mise en place, le Comité national de passage à l’audiovisuel analogique au numérique est sur le pied d’œuvre. « Les commissions spécialisées sont en train de travailler sur la base des termes de références établis afin de proposer des solutions relatives aux problèmes technique, juridique, économique et du contenu audiovisuel, qui seront engendrés par le basculement au numérique. Evidement, il ne s’agit pas seulement de proposer des solutions mais également de dégager de nouvelles perspectives pour le secteur de l’audiovisuel et des Tic dans le cadre de la convergence », explique Malick Ndiaye, le coordonnateur.
Selon M. Ndiaye, la gestion des nouveaux acteurs du secteur sera assurée dans un cadre réglementaire plus adapté, en particulier en ce qui concerne les contenus sur les nouveaux supports tels que les réseaux câblés, Adsl, le satellite, etc. Le choix des systèmes et des normes de diffusion numérique au niveau national seront aussi proposés au gouvernement par les experts. L’organisation de la diffusion des chaines de télévision sera également mutualisée grâce au multiplexage qui permet de regrouper plusieurs chaines sur une même fréquence. Ces nouvelles avancées technologiques, poursuit Malick Ndiaye, permettront de fournir l’Internet et d’autres services de communication, en même temps que la télévision, ce qui aura un impact certain sur le secteur des Tic et de la lutte contre la fracture numérique.
Cap sur 2015
Pour une première esquisse du plan national annoncé lors de la rencontre avec le Premier ministre, le Coordonnateur du Comité national, affirme que la proposition d’un document stratégique présentant les orientations retenues (contenu, juridique, technique, économique, commercial), les options étudiées, les ressources financières nécessaires pour assurer le passage sur le plan technique, ainsi que le planning de mise en œuvre, est prévue bientôt. Un plan de communication sera également produit dans le cadre du document stratégique attendu des travaux des commissions et du comité national.
Ce plan sera élaboré en tenant compte des équipements nécessaires au passage et selon un calendrier pour chaque zone du territoire national. Il permettra également d’informer les populations des aides possibles qui leurs sont destinées. A propos des équipements tels que les téléviseurs analogiques, le Comité proposera, selon Malick Ndiaye, des mesures nécessaires pour freiner leur importation, non pas parce qu’ils ne fonctionneront plus, mais plutôt parce que entre autres désavantages, leur affichage restera de qualité analogique. Notre pays, rassure, le coordonnateur du comité national, sera prêt pour passer à l’audiovisuel numérique en 2015. Cela, après l’adoption de la stratégie et de la mobilisation des moyens en 2011. Il s’agira, précise t-il, de suivre le planning de mise en œuvre qui prévoit la fin du déploiement avant 2015. Cette mise en œuvre du passage sera amorcée par une phase test qui pourrait certainement démarrer d’ici septembre 2011. Dossier réalisé par Omar Diouf
(Source : Le Soleil, 25 mai 2011)

mardi 10 mai 2011

Côte d'Ivoire: Mon ''Plan-Directeur'' pour les NTIC

Mon rêve ? Voir la Côte d’Ivoire et en particulier Abidjan, devenir une Technopole dynamique de renommée mondiale où des entreprises web et ultra-technologiques (Google, Dell, Hp, Facebook, etc) y auraient leur succursale installée. Voir le secteur des métiers du web et des NTIC devenir le nouveau ''vivier'' en matière de création d’emplois et de richesse…Et des rêves comme ceux-là, j’en ai plein en stock. C’est vrai qu’énuméré de la sorte, ça peut paraître simpliste mais ce sont toujours les choses plus simples qui sont les moins évidentes à l'esprit… Ça peut paraître utopique de la part d’une jeune africaine, vivant dans un pays en voie de développement, encore sous le choc post-traumatique d’une crise socio-politique…Mais je fais partie de la génération Y, comme beaucoup de jeunes ivoiriens dans la trentaine et j’ose croire que toute cette génération qui n’a jamais connu les cassettes VHS ou les magnétoscopes, et qui se réveille chaque matin en faisant un tour sur Facebook, pourra assister à la concrétisation de ce rêve sous-tendu par les points suivants :

1.       Détaxe totale sur tous les matériels informatiques (hardware et software) car il faut que la côte d’ivoire dépasse son important ‘’fossé numérique’’ ; 

2.       En plus de la ville de Grand-Bassam, faire de la ville d’Abidjan, une zone franche pour les start-up et les sociétés biotechnologiques; 

3.       Que l’Etat se dote d’infrastructures puissantes pour accroitre le débit des connexions Internet en Côte d’Ivoire (connexion à l’Internet globale) ;

4.       Que tous les FAI proposent des débits ''standards'' , plus intéressants à leurs clients (supérieurs à 3 méga par exemple) ;

5.       Que toutes les écoles primaires et secondaires publiques soient dotées de matériel informatique et de connexion Internet ;

6.       Informatiser à 100%, l’administration publique ivoirienne (des commissariats en passant par les mairies) et numériser tous les documents de celle-ci (registre d’états civil, etc.) ;

7.       Renouveler le Code des Télécoms de Côte d’Ivoire et y inclure les NTIC (Telecom # NTIC) ;

8.       Rédiger un plan annuel directeur des NTIC et le mettre en application avec un bilan chaque début d’année ;

9.       Créer un environnement favorable au moyen de paiement électronique en ‘’imposant’’ aux étudiants par exemple de payer leurs frais de scolarité via des cartes bancaires adaptées ou en sensibilisant les commerçants sur l’avantage de ne pas garder de ‘’cash’’ sur eux afin d’être moins exposés aux braquages ;

10.   Lutter intensivement et efficacement contre la cybercriminalité. Doter les organismes en charge de ce volet comme le CICERT*, de moyens financiers et de coercition.


*CICERT: Côte d’Ivoire Computer Emergency Response Team : Equipe de réponses aux urgences informatiques en Côte d'Ivoire